EFT est une théorie physique de grande ampleur. Elle ne peut pas être déclarée établie par une seule expérience, ni vidée de sa substance par une seule expérience. Elle ne peut qu’être progressivement étayée, resserrée ou réfutée au fil d’une série d’expériences reproductibles, comparables et toujours plus exigeantes. P1 constitue la première recherche à l’échelle galactique dans cette chaîne expérimentale. Ce n’est pas un événement isolé, mais l’une des premières expériences de la série P ; P1 est désormais achevée, et les travaux ultérieurs continueront de se déployer à travers d’autres fenêtres d’observation.
Le choix de commencer par une expérience comme P1 tient à la fois à des raisons pratiques et à des raisons théoriques. Du point de vue pratique, les premiers tests doivent respecter les ressources disponibles et les conditions offertes par les données publiques ; une théorie nouvelle ne peut pas déployer d’emblée l’ensemble des expériences les plus coûteuses et les plus longues. Du point de vue théorique, les deux axiomes de départ d’EFT sont les suivants : le vide n’est pas vide, l’univers est une Mer d’énergie continue ; les particules ne sont pas des points, mais des structures enroulées, fermées et verrouillées. En plus bref : « le vide est une mer, les particules sont des anneaux ». Si cette carte de base tient, alors la naissance et la disparition continues d’un grand nombre de structures à courte durée de vie devraient, une fois lissées à grande échelle, laisser dans les relevés gravitationnels macroscopiques la trace d’un socle moyen. P1 choisit précisément cette direction de recherche, à la fois la plus accessible pour un premier test et l’une des plus directement liées aux axiomes de fond : confronter l’effet gravitationnel moyen proposé par EFT à l’explication traditionnelle par la matière noire.
Concrètement, nous avons mené un ensemble d’expériences de validation croisée par changement de fenêtre. Nous avons d’abord examiné la façon dont la matière tourne à l’intérieur des galaxies, puis la manière dont des galaxies du même type courbent, à plus grande échelle, la lumière d’arrière-plan. La première fenêtre correspond aux courbes de rotation ; la seconde au lentillage faible galaxie-galaxie. Ce que l’expérience cherche réellement, ce n’est pas de savoir qui peut expliquer séparément le phénomène dans une seule fenêtre, mais qui continue, après changement de fenêtre, à décrire la même carte gravitationnelle. P1 s’appuie sur 104 galaxies, 2 295 points de données de courbes de rotation, ainsi que sur 4 groupes de masse totalisant 60 points de données de lentillage faible ; la méthode consiste à déterminer le modèle à partir des courbes de rotation, puis à prédire le lentillage faible, afin de voir si, après changement de fenêtre, la même carte reste reconnaissable.
Dans la première comparaison, le camp EFT a proposé quatre modèles : EFT_BIN, EFT_WEXP, EFT_WYUK et EFT_WPOW ; le camp de référence a d’abord fourni une base minimale de matière noire froide : DM_RAZOR. Le résultat est que les quatre modèles EFT dominent tous la comparaison. L’avance dans la comparaison conjointe atteint ΔlogL_total = 1155–1337 ; dans la comparaison de fermeture, les scores d’EFT se situent entre 172 et 281, contre 127 pour DM_RAZOR. Ici, le score n’est pas une note au sens courant du terme : il s’agit d’un poids de preuve cumulé, davantage comparable à une avance totale au terme d’une longue lecture, obtenue par une supériorité maintenue dans de nombreuses comparaisons locales, et non par un pic soudain sur une seule question. Plus important encore, dès que l’on brouille volontairement les correspondances réelles entre groupes, le score de fermeture d’EFT tombe immédiatement à 6–23 ; cela montre que son avantage dépend bien de la correspondance réelle entre fenêtres, et non d’un assemblage arbitraire qui fonctionnerait quelle que soit la façon de recoller les morceaux.
La deuxième comparaison pose une question plus difficile : se pourrait-il qu’EFT semble l’emporter nettement uniquement parce que la base imposée au camp de la matière noire, dans la première manche, était trop simple ? Le problème reste donc le même, les règles restent les mêmes, mais le côté matière noire est renforcé par sept formulations plus standard : dispersion de concentration, contraction adiabatique, branche feedback/core, dispersion hiérarchique c–M, proxy de core à un paramètre, calibration du cisaillement côté lentille, ainsi qu’une version combinée DM_STD ; du côté d’EFT, EFT_BIN est conservé comme représentant. Les résultats montrent que le camp de référence n’est pas totalement dépourvu de marge de reprise : la branche feedback/core fait effectivement monter légèrement le score de fermeture, de 122.205 à 129.454. Mais cette progression reste nettement derrière le score de 204.620 obtenu par EFT_BIN. En particulier, même si DM_STD améliore l’ajustement conjoint, il n’améliore pas la fermeture entre fenêtres, ce qui suggère qu’il rend le réglage local plus flexible sans pour autant rendre vraiment cohérente l’idée d’une même carte de base.
Pris ensemble, ces deux tours expérimentaux ne donnent pas à P1 la forme d’un slogan du type « tous les débats sont clos ». Ils conduisent plutôt à une conclusion plus solide et plus mesurée : dans la gamme d’échelles galactiques couverte par cette recherche, les courbes de rotation et le lentillage faible semblent davantage lire une même carte gravitationnelle ; et la formulation EFT de la réponse gravitationnelle moyenne se rapproche plus du contour commun de cette carte que la base de matière noire et les versions renforcées comparées ici. C’est pourquoi l’importance de P1 ne tient pas seulement au fait d’avoir remporté une comparaison d’ajustement. Elle tient surtout au fait que l’un des noyaux de la carte de base d’EFT — si le vide est bien une « mer », alors cette mer devrait laisser une trace de socle dans les fenêtres macroscopiques — reçoit ici un premier ensemble d’éléments de preuve observationnels reproductibles. P1 est achevée ; les expériences qui continueront sur cette ligne décideront si cet indice doit finalement être renforcé, réécrit ou abandonné.
Rapport complet de cette expérience : Zenodo Concept DOI 10.5281/zenodo.18526334 ; paquet logiciel de reproduction intégrale : Zenodo Concept DOI 10.5281/zenodo.18526286.